🎙 Écouter l’épisode de podcast correspondant
Depuis quelques semaines, une même structure envahit mon fil LinkedIn :
« Bref, je suis manager »,
« Bref, j’ai changé de voie »,
« Bref, je suis CEO de moi-même »…
Chaque fois, je vois défiler des posts calqués sur la série « Bref », reprenant son gimmick narratif, l’antépiphore : une phrase d’ouverture répétée en clôture, pour donner au propos une allure définitive et circulaire.
J’ai fini par saturer… bref, j’ai eu envie de supprimer LinkedIn.
📌 Ce phénomène illustre un mécanisme bien connu en communication : suivre une tendance, ou plutôt une isotopie culturelle.
Lorsqu’un message adopte un code partagé comme celui de « Bref », il devient plus immédiatement lisible, car la cible reconnaît un élément familier. Le message profite aussi d’un effet de halo médiatique : il surfe sur un courant dominant et gagne en visibilité.
Mais cette dynamique a ses limites.
🔍 D’un point de vue sémiologique, cette surreprésentation du même code mène à un isomorphisme mimétique : les messages deviennent interchangeables, les identités se brouillent, la différenciation s’efface.
Plus encore, la tendance est par nature éphémère.
Ce qui semble pertinent aujourd’hui peut être daté demain. La mode « Bref » d’aujourd’hui, ce sera peut-être le mème périmé de la semaine prochaine.
Enfin, il y a un risque de superficialité :
Le gimmick prend le pas sur le fond. Le message se bâtit sur une forme, déconnectée de son contenu.
👉 Mais au bout du compte, en critiquant cette tendance tout en y participant, je contribue en réalité à son amplification. Et c’est précisément là que réside l’ambiguïté des logiques virales contemporaines.
🎧 Écouter l’épisode complet « Bref, j’ai eu envie de supprimer LinkedIn »
📣 Et vous, que pensez-vous de ces réappropriations virales de codes culturels ?
Outil malin ou effet de saturation ?